L'essentiel
La campagne énergie est officiellement lancée — et son clivage structurant n'est plus le nucléaire, mais le sort des renouvelables.
Premier débat énergie des candidats les 22-23 juin 2026 (Terra Nova, colloque UFE). Marine Le Pen se déclare le 7 juillet 2026, rejoignant Attal (22 mai), Mélenchon (3 mai), Philippe, Tondelier et Retailleau. Le nouveau nucléaire fait quasi-consensus ; les ENR fracturent.
Une ligne de fracture nette sur les ENR
Bloc « stop ENR » : RN (moratoire, démantèlement), LR (arrêt des subventions, appels d'offres déclarés infructueux), Reconquête (interdiction de l'éolien). Face à lui : bloc central, PS, PCF et Écologistes, pro-déploiement.
Tous veulent baisser la facture, par des voies opposées
« Prix français » à 50 €/MWh (RN) ; sortie du marché européen (LFI, PCF, Reconquête) ; TVA à 5,5 % (PCF). À l'inverse, LR refuse explicitement la sortie du marché ; le bloc central défend la réforme européenne de 2024.
Le socle est déjà posé par décret
PPE 3 (12 février 2026 : 6 EPR2 + 8 à l'étude), fin de l'ARENH remplacée par le Versement nucléaire universel (~70 €/MWh, dormant en 2026), objectif UE -90 % en 2040. Les candidats se positionnent pour ou contre ce cadre.
Aucun programme chiffré publié à ce stade
Beaucoup de « Non exprimé ». Angles morts quasi universels : réseaux et flexibilité, mécanisme de capacité, reporting CSRD. Les chiffrages circulants (EPR, milliards) sont souvent des reconstructions à confirmer.
Nouveautés de ce cycle
Candidature déclarée au JT de TF1, rendue possible par l'allègement de sa peine en appel et un pourvoi en cassation suspensif. Jordan Bardella, Premier ministre pressenti, porte la ligne énergie : nucléaire massif (« plan Marie Curie », ~20 réacteurs, prolongation à 80 ans), moratoire ENR, « prix français » à 50 €/MWh.
Candidature officialisée (22 mai), puis érige la géoénergie (géothermie de surface) en marqueur personnel : doublement des investissements dès 2027 (26 juin). Ligne de continuité PPE 3 (14 réacteurs, ENR au même rythme), portée sur l'énergie par Agnès Pannier-Runacher.
Plan énergie présenté à la centrale de Nogent-sur-Seine : nucléaire quasi exclusif, arrêt du financement public des ENR et appels d'offres non attribués « déclarés infructueux ». Mais refus explicite de sortir du marché européen (distinction assumée d'avec le RN).
Quatrième candidature déclarée. Programme énergie maintenu : sortie du nucléaire et 100 % ENR en 2050 (négaWatt : PV 144 GW), blocage des prix, sortie du marché européen, pôle public EDF + Engie.
Meeting de lancement de campagne : « écologie de l'impact » (rénovation, électrification) opposée à l'« écologie punitive », mix nucléaire + ENR. Volet énergie chiffré non encore publié ; ligne de continuité PPE 3 portée par Christophe Béchu.
Aucun candidat désigné. Pré-programme PS (avril) : 8 EPR2 + entreprise publique nucléaire, mais fracture interne sur le nombre (Faure 2-4, Vallaud 6-8). Glucksmann (bilan Fit for 55, -90 % 2040) hésite hors primaire.
Évolutions & revirements
Signaux faibles
Ce que cela signifie pour les entreprises
Incertitude réglementaire sur le post-ARENH
Plusieurs candidats veulent rouvrir le cadre à peine entré en vigueur : sortie du marché européen (LFI, PCF, Reconquête), prix administré (RN), ou réforme (bloc central). Pour la stratégie d'achat long terme et la valorisation des PPA / CAPN, prudence sur les engagements fortement indexés au marché avant clarification post-électorale.
Prime de risque politique sur l'éolien et le solaire
Le risque est asymétrique : le nouveau nucléaire fait consensus (cadre stable), tandis que l'éolien et le PV peuvent subir moratoire ou arrêt des subventions selon l'issue. Les développeurs ENR doivent intégrer cette prime de risque ; les acteurs du nucléaire, de la flexibilité et de la géothermie évoluent sur un terrain plus porteur.
Pas de rupture nationale à anticiper
La CSRD est quasi absente des programmes. L'allègement européen « Omnibus » (seuils relevés à 1 000 salariés / 450 M€) restera vraisemblablement la trajectoire ; aucun candidat ne s'engage à détricoter davantage au plan national. Les entreprises peuvent sécuriser leur trajectoire de reporting sur le cadre actuel.
Matrice comparative
Mètre-étalon — la SNBC 3 est adoptée (juillet 2026) : le panneau « Trajectoires de référence » passe de « projet » à « adoptée » (585 TWh d'électricité décarbonée 2030, 700 000 rénovations/an, empreinte -71 à -79 %, +80 Md€/an).
Les Écologistes — programme présidentiel dévoilé le 13/7/2026 : prolongation assumée du parc nucléaire existant confirmée (cellule « Mix électrique » mise à jour).
| Formation | 01Mix électrique | 02Prix & marchés | 03Réseaux & flexibilité | 04Décarbonation & demande | 05Climat & Europe | 06Gouvernance |
|---|
Trajectoires de référence
▶ PPE 3, SNBC 3, RTE 2050, prix & cadre européen — chiffres clés
PPE 3 — décret du 12 fév. 2026
- Nucléaire : 6 EPR2 + 8 à l'étude ; 1er à Penly visé 2038 ; coût 72,8 Md€ / 6 unités.
- PV : ~48 GW 2030 / 55-80 2035. Éolien terrestre ~31→35-40 GW.
- Éolien en mer : ~15 GW 2035 / ~45 2050.
- Part décarbonée : 60 % dès 2030. Adoptée sans loi de programmation (fragilité juridique).
SNBC 3 — adoptée (juillet 2026)
- Émissions territoriales : -50 % en 2030 vs 1990 ; neutralité 2050.
- Électricité décarbonée : 585 TWh 2030 → ~800 2050. H₂ : 8 GW d'électrolyseurs 2035.
- Rénovation : 700 000 logements performants/an ; 9 M PAC en 2030.
- Empreinte carbone : -71 à -79 % en 2050 vs 2010 (1ᵉʳ pays). Invest. : +80 Md€/an.
RTE « Futurs énergétiques 2050 »
- Familles : M (ENR dominant, M0 = 100 % ENR) vs N (nucléaire : N1 = 8 EPR2, N2 = 14).
- Conso 2050 : référence ~645 TWh.
- Coûts : scénarios nucléaires les moins coûteux (N03 = 59 Md€/an).
Prix & régulation
- Fin ARENH (31/12/2025) → VNU au 1/1/2026, réf. ~70 €/MWh, dormant en 2026.
- Accise élec : 30,85 €/MWh. TVA élec portée à 20 % (août 2025).
- Nucléaire 2025 : 373 TWh (68 % du mix) ; export record +92 TWh.
Cadre européen
- Objectif -90 % net en 2040 adopté (Conseil, 5 mars 2026).
- Réforme du marché élec adoptée 2024 (CfD bidirectionnels, PPA).
- CBAM en phase définitive (2026) ; ETS 2 reporté à 2028.
- CSRD « Omnibus » : seuils relevés à 1 000 sal. / 450 M€.
Capacités installées (mi-2026)
- PV : 30,4 GW · éolien terrestre 24,1 GW.
- Éolien en mer : ~2,0 GW.
- Nucléaire : 57 réacteurs, ~63 GW (Flamanville 3 à pleine puissance déc. 2025).
Sources
Sélection des principales sources datées mobilisées ce cycle. Le détail source-par-source figure dans les fiches par formation (dossier sources/ du dépôt). Plusieurs documents (AEF Info, textes officiels) sont en accès restreint ; les chiffres non recoupés par une source primaire sont marqués « à confirmer » dans la matrice.